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Plus que les valeurs elles-mêmes, c’est la façon dont elles sont incarnées dans l’entreprise qui compte


Il est admis qu’il est important qu’un salarié partage les valeurs de son entreprise. Mais, sachant que chaque collaborateur lit ces valeurs selon une grille qui lui est propre, peuvent-elles avoir un écho auprès de tous ? Le coach Robert Zuili répond à cette question.

« Je n’ai jamais vu un salarié refuser un poste parce qu’il ne partageait pas les valeurs de l’entreprise. »  Par ce constat, Robert Zuili, fondateur d’EMOSENSE et auteur du livre Les clés de nos émotions (Fleurus, février 2014), souligne que ce ne sont pas les valeurs elles-mêmes qui comptent mais la façon dont elles sont incarnées dans le discours et les actes des hommes de l’entreprise. « On peut considérer que cela constitue un langage que certains comprennent et d’autres non. »

Une valeur est incarnée au travers de différents champs lexico-émotionnels

Une valeur peut être incarnée au travers de trois dimensions : le réel, le symbolique, l’imaginaire – on parle de champs lexico-émotionnels.

Le réel renvoie au domaine de l’action, de l‘opérationnel, du résultat, à ce qui est de l’ordre du rationnel, du mesurable. « Il a une vertu particulièrement rassurante », explique notre interlocuteur. Prenons la valeur courage : si un collaborateur surinvestit le réel, il est attentif aux actes et prises de position qui permettent de défendre l’équité, la justice, le respect… « S’il ne repère que cela dans l’organisation et que les actes manquent, il peut considérer que cette valeur n’est pas incarnée dans l’entreprise. »

Avec le symbolique, nous voilà dans le champ du lien, du sentiment, de la parole. C’est le politique, ce qui est de l’ordre de l’intention, du signe, avec tout ce que cela suppose d’interprétations, jusqu’aux plus  subjectives. « Si la dimension symbolique est très importante pour un collaborateur, il aura l’impression d’être acheté quand la reconnaissance ne se manifeste qu’au travers de primes, si les feedbacks de son manager sont rares, voire inexistants », poursuit Robert Zuili.

L’imaginaire, lui, parle de stratégie, de vision, d’idéal, de mission, de ce à quoi sert l’entreprise sur le long terme. Lorsque le besoin d’éthique est fort et que le champ de l’imaginaire prime chez quelqu’un, « cette personne peut être dans un conflit de valeurs personnelles à l’égard de l’entreprise quand celle-ci met en avant ses résultats financiers et utilise un discours de profit au lieu d’un discours de progrès », précise-t-il.

« Il est impensable que toutes les valeurs d’une entreprise conviennent à chacun de ses collaborateurs »

On le voit, les valeurs ne sont pas quelques mots qui seraient un socle pour tous mais un nuancier avec lequel composer, ou non. « Quelle que soit la culture et la manière dont l’entreprise incarne ses valeurs, il est de toute façon impensable qu’elles conviennent à tous les salariés », pointe Robert Zuili. Chaque personne en effet interprète la manière dont elles sont portées au travers de l’équilibre propre de ses champs lexico-émotionnels. Ou du déséquilibre. « Ce qui fait la force de l’entreprise c’est de savoir incarner ses valeurs dans ces trois dimensions au lieu de jouer sur un seul et même tableau », conclut-il.

Sophie Girardeau

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